When you click on links to various merchants on this site and make a purchase, this can result in this site earning a commission. Affiliate programs and affiliations include, but are not limited to, the eBay Partner Network.
Fondé à Marseille en 1868 par Toussaint Samat, Denis Bourrageas et Jean-Baptiste Peirron, Le Petit Marseillais est à l’origine un quotidien populaire vendu un sou. Privilégiant les faits divers, les procès, les nouvelles locales et les informations rapidement recueillies, il connaît bientôt une diffusion considérable. Avec ses 21 éditions couvrant le Sud-Est, la Corse et l’Afrique du Nord, il se présente comme « le plus important des journaux de province » et atteint environ 150 000 exemplaires quotidiens en 1939.
Initialement républicain, le journal évolue progressivement vers une ligne très modérée, conservatrice et anticommuniste. Après la défaite de 1940, il se rallie à la « Révolution nationale » du maréchal Pétain et soutient ouvertement le régime de Vichy, puis la politique de collaboration. Sous l’influence de dirigeants comme Jean Gaillard-Bourrageas et Albert Lejeune, les communiqués allemands et vichystes y sont largement reproduits et présentés comme des informations incontestables.
Cette édition du mercredi 14 juin 1944, n° 27 593, paraît huit jours après le débarquement allié en Normandie. Sa une constitue un exemple particulièrement révélateur de la désinformation diffusée par la presse collaborationniste. Alors que les forces alliées consolident leurs têtes de pont et progressent dans le Cotentin et autour de Caen, le journal affirme que les Anglo-Américains tentent « vainement » de percer les lignes allemandes. Il annonce également l’échec complet d’une supposée seconde tentative de débarquement dans la région de Barfleur.
L’information repose principalement sur le communiqué du haut commandement allemand, reproduit sans recul critique. Les offensives alliées sont systématiquement présentées comme repoussées, coûteuses et vouées à l’échec, tandis que les retraites ou difficultés allemandes sont dissimulées derrière des expressions telles que « mouvements de décrochage » et « combats défensifs ». Le titre selon lequel Tilly aurait été repris par les Allemands et l’insistance sur les pertes anglo-américaines cherchent à entretenir l’idée que la Wehrmacht conserve la maîtrise de la bataille. Cette une offre ainsi un document très parlant sur la manière dont la propagande allemande tentait encore, quelques jours après le 6 juin 1944, de minimiser l’importance et les premiers succès du Débarquement.
À la Libération de Marseille, en août 1944, Le Petit Marseillais est interdit pour collaboration et disparaît définitivement. Son groupe de presse et ses imprimeries sont réquisitionnés au profit des journaux issus de la Résistance ; ses locaux et ses presses accueillent notamment La Marseillaise. Albert Lejeune est condamné à mort puis fusillé en janvier 1945, tandis que Jean Gaillard-Bourrageas, en fuite, est condamné à mort par contumace.
Exemplaire archivé dans des conditions optimales de conservation (obscurité, hygrométrie maitrisée et faible température) pour des journaux anciens. Insolation aux plis.
Tous les numéros sont stockés à plat. Le pliage en 4 est à proscrire (papier fortement fragilisé à la jonction des deux plis, formant après quelques années un trou, au milieu de chaque page...).
Expédition rapide (sous 48 h maxi) et soignée