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LE TRIBOULET – Quotidien politique monarchiste – 29 août 1881
Exemplaire original du Triboulet, journal politique quotidien publié à Paris sous la Troisième République.
Le titre fut fondé le 10 novembre 1878 par le baron James Harden-Hickey (1854-1898), écrivain et journaliste américain d’origine irlandaise établi en France. Converti au légitimisme, Harden-Hickey dirigeait le journal sous le pseudonyme de Saint-Patrice, nom qui apparaît dans la manchette comme directeur et rédacteur en chef.
Le titre fait référence à Triboulet, célèbre bouffon de cour associé aux règnes de Louis XII et de François Ier, devenu le personnage central de la pièce de Victor Hugo Le roi s’amuse et, sous le nom de Rigoletto, de l’opéra de Giuseppe Verdi. Une petite figure de bouffon est d’ailleurs intégrée dans la lettre T de la manchette.
Un journal monarchiste opposé à la République
Le Triboulet est créé pour défendre la religion catholique, la famille, les traditions et la restauration monarchique. Il soutient la cause du comte de Chambord, prétendant légitimiste au trône de France, et combat avec virulence les institutions de la jeune Troisième République.
Ses principales cibles sont les dirigeants républicains, notamment Léon Gambetta, Jules Ferry, Paul Bert et le ministre de l’Intérieur Ernest Constans. Son ton volontiers agressif, satirique et personnel lui vaut de nombreux procès, saisies et condamnations.
En août 1880, après une succession de poursuites, Harden-Hickey est expulsé de France par décision du ministre Ernest Constans. Revenu quelques mois plus tard grâce à un sauf-conduit, il organise la création d’une édition quotidienne destinée à compléter l’hebdomadaire satirique illustré.
Cette version quotidienne paraît à partir de novembre 1880. Elle est administrée par Jules de Gastyne, journaliste et romancier mentionné dans la manchette sous la forme « J. de Gastyne, administrateur délégué ». Le journaliste Gaston Jollivet compte également parmi ses principaux rédacteurs.
Financé notamment par la duchesse d’Uzès, le quotidien ne trouve cependant pas un nombre suffisant de lecteurs. La société qui l’exploite est dissoute à la fin de 1881 et le titre disparaît au début de l’année suivante, après un rapprochement avec un autre journal monarchiste, Le Clairon.
Une édition publiée pendant les élections législatives de 1881
Ce numéro du lundi 29 août 1881 paraît entre les deux tours des élections législatives des 21 août et 4 septembre. Ces élections doivent confirmer la domination des républicains à la Chambre des députés, tandis que les différentes familles monarchistes ne cessent de perdre du terrain.
La une est largement consacrée à cette situation politique. L’article intitulé « Le Rêve de la bourgeoisie » attaque la République parlementaire et l’influence croissante de Léon Gambetta. Le journal reproche à la bourgeoisie d’avoir accepté le régime républicain dans l’espoir d’assurer l’ordre et la sécurité de ses intérêts, tout en prédisant qu’elle finira par en être victime.
Une autre chronique, « À quand le ministère Gambetta », évoque la possibilité de voir le chef républicain accéder prochainement à la présidence du Conseil. Gambetta formera effectivement son « Grand Ministère » quelques semaines plus tard, en novembre 1881.
Parmi les autres rubriques visibles figurent :
– les « Tribouletades », suite de brèves, bons mots et traits satiriques ;
– des nouvelles politiques de Paris et de province ;
– des échos de l’étranger et des cours européennes ;
– des attaques contre les communards et les républicains ;
– une chronique consacrée aux fraudes alimentaires ;
– des informations judiciaires, mondaines et culturelles ;
– une publicité pour la brochure Les Procès Constans, consacrée aux démêlés du journal avec le ministre de l’Intérieur.
Le numéro offre ainsi un témoignage direct sur la violence des affrontements idéologiques sous la Troisième République, à une époque où monarchistes, bonapartistes et républicains se disputent encore vivement l’opinion publique.
Caractéristiques de l’exemplaire proposé :
– Titre : Le Triboulet
– Mention : Journal politique quotidien
– Date : lundi 29 août 1881
– Année : deuxième année
– Numéro : 290
– Directeur-rédacteur en chef : Saint-Patrice, pseudonyme de James Harden-Hickey
– Administrateur délégué : Jules de Gastyne
– Publication : Paris
– Adresse : 35 et 43, boulevard Haussmann
– Prix d’origine : 15 centimes
– Langue : français
– Grand format, texte imprimé en nombreuses colonnes
– Manchette typographique ornée d’une figure de bouffon
– Journal original d’époque
Document intéressant pour une collection consacrée à la presse monarchiste, à la caricature politique, au légitimisme, au comte de Chambord, à Léon Gambetta, aux élections de 1881 ou aux débuts de la Troisième République.
Édition originale. Exemplaire archivé dans des conditions optimales de conservation (obscurité, hygrométrie maitrisée et faible température) pour des journaux anciens. Insolations, usure aux plis, rousseurs, petites restaurations.
Tous les numéros sont stockés à plat. Le pliage en 4 est à proscrire (papier fortement fragilisé à la jonction des deux plis, formant après quelques années un trou, au milieu de chaque page...).
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